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Les legs chroniques de Melody

Travail de PROESIE gainsbarienne à propos d'un fantôme...

mardi 3 juillet 2012

Episode 5



L'hiver perdurait en ce début Juillet.
J'étais hémi-sphérique – quoique rond –
J'aimais hémiplégique – gaucher contrarié –
J'oyais Amy Winehouse.
Il neigeait dans la tête des gens comme dans une boule touristique ; c'est pourquoi ils la secouaient souvent croyant se recoiffer. Le monde d'ici s'était bâti de lutins trompeurs aux allures de fils Noël, mais emmêlés en vrai de Leprechauns verts de rage.
J'appelais à laper un peu ta peau laiteuse.
Nous étions passé de l'autre côté
                       du miroir de Juliette
                       puisqu'Alice aux environs
                                                    avariés
            nous laissait jaillir débottés
                      de sa blouse,
Avec des jeux de cartes – en-veux-tu-en-voilà – constitués de figures ésotériques (Abraxas), de tierces personnes et de quintes d'atouts, nous rentrions dans des châteaux d'eau décorés de jets de cartes bien mis en plis. Nous dépistions le SIDA. D'ailleurs ta bouche saignait de l'incarnat parfait de tes lèvres.
Melody
sur mes cicatrices afin d'en chasser l'humeur de tes baisers.
La glace en demi-tain du septentrion d'Absente sur les feux de paille à ces Jean-foutre d'été plombé, reflétait ainsi que l'onde d'Elseneur, l'indicible et grande teneur d'Ophélie
                  Ô ma Mour
                  Dans l'InfiNi Bleu de l'horizon sans fond de ton regard.
Puisque ton entre-cuisse fut de la douceur et de la saveur du hangar
Dont souvent on fait lit,
comme du fleuve Amour
                                     – cher à Makine –
Je le décrirai avec Ruse et sots viatiques, langues « je bois » et jambes entre les mots de mes vers, voies traversières et « flute ! » avec, et l’extrême désir perpétuel d'illustrer la peau de Melody de quelque scarification littéraire – ta peau laiteuse tatouée de rousseur – un codicille entre nous, qui ramende
                                                  ma guigne.  

jeudi 11 mars 2010

Episode 4



Le soleil d'automne était filtré par la chute des feuilles. Mon carnet baillait aux Corneille et Racine enfaufilés dans les chairs de l'église Terre. Cette lumière imprimée sur ton visage,
Melody,
rendait entière
natale
la lune croissante de ton sourire fatal,
------------------------------------l'ovale
------------------------------------------de ton faciès qui me servait de paysage.
Descendant de la colline vers l'une ou l'autre de tes mers, mes doigts, suivant l'arête de ton nez, mes doigts pisciformés par l'intensité de ton regard, traçaient - sinus idéal -
de lentes courbes de pièces de puzzle
--------------------------------------------dont la découpe était féale
à la géographie de ta rousseur épidermique :
mes doigts de moi n'étaient qu'épis thermiques.
Nous étions à la saison des moissons et des vendanges, lorsque les bacchanales lassent et qu'au lasso se lèvent des salves de salive où se délassent les sylves lascives. Nous étions nichés au creux d'une trouée d'arbres, un ciel nous observait comme une caméra de télé-surveillance, espion sur l'échiquier de ta peau lisse et maculée,
tel un cerbère au sbire émasculé,
contre-plongée
sur Pangée
et notre dérive incontinente
et cette grive impertinente
s'en allant jouer les merles
sur nos colliers de perles,
Tahiti
Melody
dont tu t'égorgeas d'huîtres méléagrines margaritifères
et moi de plans thuriféraires
tes vomissements s'encrent de glus sommaires.
Les pages se tournent d'alphabets compulsés à ne pas trouver la lettre de ta vue : brisure. Pareille à ces pieux dressés sur la chaussée du sillon, d'une inutile certitude.


Michel P©2010

samedi 5 septembre 2009

Episode 3



Je ne m'attendais pas à te trouver ainsi, Melody : j'avais le sentiment
---------------------------------------------------d'un guet-appens !
Toi, tu ne pouvais pas.
Toi, tu ne me connaissais pas.
Alors pourquoi ?
Pourquoi pour moi ?
J'aurais voulu éviter le moindre de tes coups d'oeil, me mettre à l'ombre de ton soleil, ne pas cuire inutilement de tes cieux sans nuages. J'aurais voulu esquiver l'esquisse de ta vue, l'esquif envieux de tes sourcils, petits bateaux inversés tirés à la règle nette d'un étrange architecte. Mais rien n'y fit : j'ai senti le piège tendu, et une seule issue, me laisser aller à rebondir sur cette toile comme sur un trampoline.
Je n'ai cesse de rebondir encore ! J'oscille, pendule de faux-cul qui n'a pas su dire ce qui en était vraiment... Pourquoi s'accomode-t-on de gens pas vraiment faits pour nous, pour se découvrir enfin l'autre parfait, complémentairement parfait, et lui répondre sans parler, que ce n'est pas possible ? Que ce n'est pas décent ? Qu'on ne pourrait nous-même supporter de s'affliger pareil renoncement, pareille avancée vers la vie, la vraie, celle de l'amour violent.
J'oscille !
Sessile... Je valse, envoie valser les souvenirs de trop,
---------------------------------------les rêves faux,
je balance à la poubelle ce qu'il me reste des illusions perdues, des constructions d'argile, des colosses qui m'épiaient, t'épiaient, le soir de nos presque maritales retrouvailles, Melody. Nous étions si divinement fait l'un pour l'autre ! Cela crevait les yeux aux alentours. On fait souvent mal à crever les yeux de ceux qui nous regardent. On brave l'ouragan de ce qui s'établit, qui se fait aussi souvent contre nature, que l'on se force à chasser avant qu'il ne revienne au galop, tirer la chasse d'eau, lorsqu'on chie merde, il y a toujours au final une chasse d'eau ! Parfois, c'est l'un qui s'en va avec...
J'aurais pu, peut-être, j'aurais du, sûrement, prédire tout ça, plutôt que de me maquiller de blanc, de jouer les clones tristes, le duplicata de la mort annoncée d'une relation. Mais on veut croire, on veut bâtir, parfois des châteaux de cartes, des édifices sensés donner du sens à l'existence, des raisons à nos semences, des enfants à aimer à défaut d'aimer celui ou celle avec qui on les fait... J'ai peur pour toi, Melody !
Les murs d'enceinte sont aussi les prisons de la vie, et des femmes parturiantes, j'entrevois parfois la peine engagée.
"Les murs d'enceinte du labyrinthe, s'entr'ouvrent sur l'infini". Le labyrinthe ne devient harmonique que comme en musique, lorsque les notes s'accordent : on ne peut jouer faux devant un auditoire ! Les spectateurs jugeront durement.
Je sais de dure-mères dans le cerveau !
Et tant d'affections
------------------méningées
qui ne sont jamais menagées,
qui nous conduisent aux caveaux,
en deux flexions
de nos raies de lumière illusoire, de nos soleils inventés pour combler le noir de nos petites égocentricités, des tristes bâtisses,
des écossais et hantés manoirs,
des toiles et des erreurs que nous accumulons comme pour en faire un incroyable tableau de maître que de froids zeugma tissent.
Nous nous retrouverons, Melody ! Je commence enfin à haïr ceux qui nous ont séparés. On ne peut aimer ceux qui nous empèchent de vivre ! On va souvent vers eux, parce qu'amoureux de notre mort.
Mais à vivre, on chasse un jour, ô miraculeuse chasse d'eau, les êtres mortifères qui freinèrent notre épanouissement.

Episode 2



Je ne m'attendais pas à te retrouver ce soir-là, Melody ! Tu faisais partie d'un passé rangé, classé, rayonné (à défaut d'être rayonnant), archivé, et probablement brûlé. Je ne m'y attendais pas ? Mensonge ! Je savais déjà, que ce moment arriverait... L'inconscient m'avait remis sur ta piste. Ton image ne miroitait-elle pas comme les facettes des quincailleries dont je dépendais depuis des lustres ?
Dès le premier instant, nous savions...
Et de Marseille,
---------où nos vies se torchaient de références,
-------------------------nous savions
--------------------------------------d'avance !
Mais nous étions surveillés, guettés...
Nous nous faisions vampiriser
------------------------------d'amours
----------------------------------------rances.
Au premier instant :
Au premier instant :
Au premier instant :
Trois mélodies s'entremêlaient dont tu étais l'ultime avatar ! Et mieux vaut toujours l'avatar que jamais ! Trois prénoms confondus en un seul, trois hoquets rotés pour que n'existe que toi seule ! Trois rings dressés pour se battre en choeur, et pour se rappeler qu'aucun chibre ne lima seul...
Tout !
Des parpaings que l'on prend dans la
-------------------------------------gueule,
au premier contact, et au premier de nos maints regards, c'est l'indicible de nos cibles que je sais ! Trois raisons irréflechies et quelques fléchissements pour un peu mieux s'apprécier... le bleu des yeux, l'autre vipérin, font le reste... Et la maîtresse de maison, à défaut de l'être de la mienne, ma maison informe, ma maison Usher, en plein effondrement,
(on m'informe ?
On m'informe du drame des Abbruzes ?
Les poètes sont-ils morts aussi ?
Jusqu'à leur verve et leurs mentales ruses ?)
ma maison habitée déjà, ne te laisse pas la place, la tienne de maison
-------------------------informe, non plus !
Pourtant, il y a cet espace : cette bulle entre toi et moi, Melody ! Ce qui se crée entre toi et moi, ce qui secrète un poison que nous aimons nous injecter, comme une dose chauffée aux petites cuillères de nos désirs secrets, ce que tu lis dans mon regard sur toi, tellement oppressant qu'il te rend belle à en mourir, que tu savoures comme une douche brûlante, dont tu te délectes parce qu'il t'a trop manqué : tous n'ont pas la faculté de te rendre ainsi belle ! Tu me vois, petite Narcisse, comme l'écran projetant l'image de la beauté que tu ne sus jamais percevoir. Percevoir le gars, loi ! Les autres sont cloués au pilori.
Je scrupte le balbutiement de l'incarnat de tes lèvres.
Tu sais que je scrupte cet incarnat, si on peut, mais tant psychoses !
J'observe (je n'entends plus) des heures durant, que tu fais miennes, injustement, parce que tu l'as décidé ainsi, Melody, le battement de tes lèvres, le clignement de tes yeux, le bleu du ciel que tu m'ouvres, un monde entier, un monde hyperréaliste, un monde en tout ce que tu es :
liquide !
--------Source !
----------------Embouchure !
------------------------------Delta
-----(ton sexe : tu ne le connais pas !),
suicide
------et course
-----------droit vers un mur
-----------------------------froid
----------qui ne te ressemble pas !

Episode 1




Noir, Bleu, Roux.
Entre le vers et la pomme, la prose
et la poésie,



------------------------------il y a toi, Melody !
Noir, Bleu, Roux, puisque l'écriture est parfois touffue comme un fantasme, le désir de voir ce qui nous est
---------------------------------------interdit, et de ces curiosités malsaines, lorsqu'elles se teintent de tes trois couleurs, drap-peau
flottant dans le regard que tu me portes. Tu n'as pas d'age.
Tu es comme ces Vénus de la préhistoire, intemporelle, tu te reproduis sans semence masculine, et tes avatars changent de visage comme
un buisson de houx.
Changer sans changer d'apparence. Eternellement reproductible, tes mèches noires coulent sur ta peau laiteuse que réhausse l'océan de ton
regard, sur ta peau laiteuse que réhausse la ponctuation soucieuse du feu génétique et de ses tâches. Il n'y a pas d'absolu en ce monde.
Pourtant, à le chercher, on rencontre ton image au moindre tournant. Les adresses, quand on te cherche, sont mal à droite, mal à gauche,
et les langues ambidextres, les mains polyglottes, les claviers QWERTY avertis, et les souris et leurs maqs, bien incapables de te soudoyer.
Point de touches ! Tu leur as fait de moi, un bel en barrage !
Noir, Bleu, Roux ! Tes lèvres frémissent en portant les yeux sur moi. Je zieute à l'horizon pour faire semblant de ne pas te croiser. Je myopise,
je penche, je me penche, je m'épanche, et ma stigmate, Iseult, me rend triste en un instant. Tes lèvres bougent, je le sais, je le sais !
La rousseur de la tache, comme un reliquat de repas, s'efface à la bordure de ta bouche, rouge, vermillone, tes couleurs sont poésie,
tes yeux, Melody,
le complément d'abject dirait au verbe ce qui me manque pour décrire ce qui me possède.
Verbeux, bavant à peindre dans mes huiles essentielles, tant d'expressions qui m'obsèdent.
Roux, Bleu, Noir.
L'âme au laminoir
de l'imprédictibilité chaotique de ta présence, papillon d'ennui, fleur lascive aux pétales squameux , récurence
hoquetante de mon existence,
Récif au large de Natal,
parfait poison dont je m'abreuve à satiété, glissant dans la poche de mes yeux
----------------------------------fatigués,
--------------------------------des billets
--------------------------------dégobillés,
des allers sans retour pour les abysses profondes de tes embrasures bleues.
Scaphandrier, à chacune de tes respirations, j'étouffe un peu plus. Mais l'eau dit : "je suis ton élément prénatal ! "

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